Film de paillage : maraîchage et viticulture sous le climat français

Par Siddhii Global3 novembre 20264 min de lecture3 vuesAgriculture
Film de paillage : maraîchage et viticulture sous le climat français

Un maraîcher des Landes raconte : avant le paillage, ses planches de salades réclamaient deux binages par cycle. Depuis qu'il pose du film noir 30 microns sur buttes paillées et goutte-à-goutte, les binages ont disparu et la première irrigation a reculé de plusieurs jours à chaque cycle. En France, où la main-d'œuvre de désherbage coûte cher et où les étés deviennent plus secs, le paillage plastique s'est imposé dans le maraîchage, la fraise et une partie de la vigne.

Comment le film travaille pour vous

Le principe : couvrir le sol pour priver les adventices de lumière — sans lumière, pas de levée. Sous le film, l'humidité ne s'évapore plus ; chaque goutte du goutte-à-goutte rejoint la zone racinaire. Le sol se réchauffe plus tôt au printemps, ce qui avance la plantation de plusieurs jours — précieux sur les primeurs. Le film noir reste la référence générale ; le film blanc ou réfléchissant convient aux cultures d'été sensibles à la chaleur du sol, et le film argenté-noir perturbe certains ravageurs volants.

Micronnage : le bon compromis

Le polyéthylène de paillage se choisit entre 20 et 100 microns. Pour une culture unique de 90-120 jours, 25-30 microns suffisent. Pour réutiliser le film sur un second cycle, 40-50 microns tiennent la pose et la récolte. Un film trop fin déchire au passage des planteuses et sous les pieds de l'équipe — et une déchirure, c'est une planche d'adventices en une semaine. Un fabricant de film de paillage sérieux indique la largeur (0,9 à 1,2 m en rouleaux standards), le micronnage et la durée de vie UV annoncée dans la fiche technique.

Le vrai gain vient du couple film + goutte-à-goutte

Posez les rampes sous le film, percez aux emplacements de plantation : l'eau va directement à la racine et l'évaporation tombe à l'essentiel. Les essais conduits en France et en Europe convergent : 30 à 50 % d'eau économisée selon les sols et les cultures, et un lessivage d'engrais nettement réduit puisque la fertigation reste en place. Comptez le poste « désherbage » en moins : sur une ferme de dix hectares, ce n'est pas un détail sur le résultat.

Biodégradable, réutilisable, recyclage : où en est-on ?

Les films biodégradables soumis à la norme EN 13432 se posent et se travaillent comme un plastique, puis se décomposent au sol — leur surcoût se justifie sur les cultures où la récupération du film est difficile (petites surfaces, terrain caillouteux). Le polyéthylène classique, lui, se collecte et se recycle : depuis quelques années, des filières de collecte des films agricoles usagés fonctionnent dans la plupart des régions françaises — renseignez-vous auprès de votre chambre d'agriculture. Et pour les installations pluriannuelles (rangées de vergers, pépinières), le tissu de désherbage (weed mat) tient plusieurs saisons sans se déchirer. Pour aller plus loin sur la logistique amont, voyez aussi le guide des sacs mesh pour la sortie de récolte.

Questions fréquentes (FAQ)

Combien de film faut-il par hectare ?

Tout dépend de la largeur des planches et de l'espacement. Un rouleau de 1,2 m de large couvre en général 3 000 à 4 000 m² ; pour un hectare paillé à 60-70 %, comptez 8 à 10 rouleaux environ.

Peut-on réutiliser le film la saison suivante ?

À partir de 40 microns, oui, si le décollage est soigneux. En dessous de 30 microns, le film est prévu pour un seul cycle et se déchire au retrait.

Noir, blanc ou argenté-noir ?

Noir pour la polyvalence et le désherbage ; blanc pour rafraîchir le sol en culture d'été ; argenté-noir pour repousser certains ravageurs tout en désherbant. Le choix suit la culture et la saison.

Quel est le bon moment de pose ?

Après la préparation du sol et la pose des rampes, juste avant la plantation, sur un sol légèrement humide. Un sol sec sous film monte trop en température et brûle les jeunes racines.

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